Quand commence le mois de Novembre 1918 les derniers préparatifs pour la capture de Valenciennes ont amenés nombre de bataillons Canadiens aux portes de la ville. Notamment, pour une attaque venant de l'Ouest, le 38e Bataillon qui doit pénétrer par le Faubourg de Paris, et le 72e bataillon plus au Nord.

     In the evening of October 31, we heard that Austria-Hungary, separating itself from Germany, was asking for peace, accepting the conditions listed by America, what which made us great pleasure.

German soldiers did not want to fight, being completely discouraged, too, before the last counter-attacks, one distributed them a liter of alcohol, a litre of wine, beer and coffee.

The sentry guarding the Incas Street in front of my home asked me for civilian clothes to hide himself.

     On November 1st, the attack began at six o'clock in the morning, the city being surrounded by a circle of fire. It was an indescribable rollover with crash of glass and bricks. Our beds were shaking, but we were not at all impressed, thinking to our deliverance.

     From the “Vieille-Poissonnerie” street, where we had our quarter in the cellars of M. Gabet, to the Chapel Saint-Gery, there are approximately 200 meters. Not wanting to spend All Saints without attending Mass, we went there hugging the walls, and hastening the pace. The shells burst over our heads and large pieces fell at our feet. In the chapel, there were twenty people, when the dean, bishop Jansoone, began the mass that he said as quickly as possible. At the time of communion, three bombs fell a few meters away causing great damage. However, we remained impassive, and when the Dean was given the blessing, he turned and said: "Let everyone come down to the basement immediately."

We stayed there three quarters of an hour before returning to our home in the cellars of M. Gabet. Despite the rain of shells, Jules Billiet who was nearly killed, went to the Commandanture commander if the men who were to respond to the call could stay at home, not wanting to take responsibility for an accident.

It’s under this rain of shells that they hastened to return home

Feeling our deliverance close, Mr. Billiet wrote a dispatch that the municipality should sent to the President of the Republic.

Around half past ten a great roar of heavy artillery succeeded a relative quiet.

     At eleven o'clock, the instant is exciting, fires have started rue de Famars. A breathless fireman tells us that the English are the Boulevard Saly and fight at the entrance of the Famars Street, the Germans hiding in doorways for their riposte. Meanwhile, troops gather to retreat, leaving only the machine gunners to protect them.

Large water mains are punctured. Mr. Giard, baker, arrives breathless to tell us a shell felt in his oven and it was miraculously saved, the plain of Mons having suffered much

At three o'clock, the situation becomes more and more thrilling. We finished lunch in the cellar of Dean Jansoone with Mr. and Mrs. Jules Billiet, when we are told that the English arrived in the Rue Saint-Jacques. We leave hurriedly and see indeed the Germans soldiers at the corner store "At the Worker gun, at the ready to fire on them, and the officers who observed the movement from the upper Saint-Gery church tower coming down hurriedly to escape

Meanwhile, the house of Mr. Chamfort was burning

     At five o'clock one came to tell us that the house next to our store of flour, 115, rue de Famars was also burning. I went there with Mr. Malaquin

Three machine guns were installed in front of the Impasse des Cardinaux, firing on English men. It was dangerous to cross the street. The Germans arrested their fire to let us pass. Mr. Billiet rejoined us with the firefighters

Mr. Malaquin took command. As there was no water, they had to make do, firefighters using their ax. After half an hour, Mr. Malaquin had the control and our flour was saved

     On the way home I stopped at Mr. Verdavaine house, Oultremann Street, where lived the regimental commander, who had left my house Boulevard Watteau where he was no longer safe. He said he pushed back the English on Boulevard Saly, but as they were not many, they were forced to retreat: indeed his men had had their bag packed and waited in the cellar for a lull to get under way

Also, is it all happy that I went back to our encampment of Vieille-Poissoniere Street, having the certainty to be delivered the next morning.

     For its part, the X° Canadian Brigade had attacked and captured Mount Houy, and had advanced up to the Faubourg de Paris. It was a particularly brilliant feat, which had prevented the bombing of the town and villages in the south where Canadians knew there were still civilians.

X° brigade had made 1800 prisoners, exceeding the number of assault troops, not counting the eight hundred Germans who had been buried.

     In the evening, the troops of the XII° Canadian Infantry Brigade had forced a passage through the dried canal, near the mill Gilliard are preparing themselves to free Valenciennes the next day.

(in Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933)

 

     Le journal de guerre du 38e Bataillon, bien que succinct, permet de suivre les opérations telles qu'elles se sont déroulées. La chance veut que la Bibliothèque Archives du Canada ait mis en ligne un certain nombre de photos - sans ordre chronologique - que je vais tenter de réorganiser.

 

  • Extrait de la carte publiée dans le livre du Lt-Colonel Nicholson :

 Nicholson_Valsb

     Le plan est simple : les 1 et 2 novembre les 38e et 72e bataillons de la 12e Brigade d'Infanterie Canadienne attaquent par l'Est, le 38e sera rejoint au sud par le 47e bataillon de la 10e brigade, tandis que 44e et 46e de la même brigade attaquent par le sud le point hautement fortifié du Mont Houy que n'ont pas pu prendre les troupes britanniques les jours précédents.

   Le 38e Bataillon part du faubourg de Paris, traversera le Canal de l'Escaut (puis le vieux lit de l'Escaut) et enfin la ville en direction de Marly en deux lignes parallèles après la traversée du canal.

   Le 72e fait une manoeuvre similaire au Nord. Tous convergent vers la "ligne verte", qui part du Cimetière St-Roch et longe la Rue du Rôleur qui une fois atteinte ouvre la voie vers Mons (où le CEC sera le 11 novembre 1918), le 72e empruntant alors la Route Nationale qui conduit à la frontière.

 

  •  Transcription du journal de guerre du 38e Btn pour les 3 premiers jours de novembre 1918 :

Ligne de front

1/11

    Le bataillon est en première ligne sur la rive ouest du canal de l’ESCAUT. Le bataillon a commencé à traverser le Canal de l’ESCAUT en E.14.b.00.60 à 11h45. Traversée terminée à 12h40 - pour porter l'attaque sur VALENCIENNES. Une résistance considérable est rencontrée de la part de mitrailleuses ennemies et tireurs d'élite, et quatre postes ont été décimés. Le bataillon se positionne pour la nuit le long des voies de chemins de fer et le contact a été établi avec le 72e Bataillon de notre Brigade Canadienne à gauche et la 10e Brigade d'Infanterie à notre droite ; des patrouilles ont été envoyées en la ville la nuit et ont rencontré une considérable résistance de la part de mitrailleuses et de mortiers de tranchée. Pertes - Un officier blessé (mort ensuite de ses blessures) - lieutenant. E.T. Mennie, MD. Autres grades : sept blessés et 3 tués. Beau temps

 

id

2/11

     Le bataillon se prépare pour une autre attaque sur VALENCIENNES à l'aube et les compagnies ont progressé jusqu’à la banlieue est de la ville et s’établissent à E.10.a.35.30. à J[sic, mais obligatoirement E . NDT].16.A.05.75. où un imposant barrage leur est opposé. Quelques prisonniers et du matériel ont été capturés bien que la plus grande partie ait été évacuée au cours de la soirée précédente. Le bataillon se retranche en E.10.a.35.30. et J[sic, mais obligatoirement E . NDT].16.a.05.75 mais à environ 18h00 le bataillon reçoit l’ordre d’épauler le 102e Bataillon devant ST.SAULVE de E.6.c.40.90. le long de la route en contrebas à E.6.d.3.0. Le Bataillon à relever a été difficile à trouver, mais les compagnies "C" et "D" ont pris la position demandée, avec la compagnie «B»  en appui et la compagnie «A» en réserve. B.H.Q. Place St.Géry, VALENCIENNES. Victimes : - Autres grades -. Blessés 13 et disparu : 1. Beau temps

 

Ligne de front
BHQ VALENCIENNES

3/11

     La matinée est consacrée à la réorganisation en prévision de l'attaque de l'après-midi. À 14h30 avec les compagnies dans le même ordre, le bataillon s’élançait à l’attaque.  Quelques oppositions occasionnelles ont été rencontrées et au crépuscule une ligne était occupée à partir X.26.c.05.10 à environ X.26.d.6.0. Le Quartier général du bataillon est avancé dans la nuit à White Chateau à X.25.b.10.45 sur la route de MONS. Le bataillon a reçu l’ordre d'attaquer de nouveau à 06h00 le 4/11. Pertes : autres grades - 4 blessés et un disparu. Temps maussade.

 

 

  •  La progression du 38e les deux premiers jours :

nov1&2

     L'aile droite progresse en remontant l'Avenue du Faubourg de Paris vers les Boulevards et la Place du Canada (alors place de Famars). Ce sont donc probablement eux qu'a rencontrés la voisine de ma grand'mère paternelle, qui est accourue lui crier : " Nathalie, in est Inglais !"

      La position adoptée le 2 va de la Place Poterne, près du champ de manoeuvres (Drill ground) -actuellement Plaine de Mons- à la Place Cardon en empruntant les Boulevards (sur l'emplacement des anciennes fortifications) Pater et Watteau.

positions1102

     La position rejointe après 18h place le 38e le long du "Chemin de Saultain", qui porte toujours ce nom, à St Saulve, dans une zone maintenant très urbanisée :

positions1102b

 


 

Voici maintenant les photos, réorganisées en fonction de la progression du bataillon. J'ai gardé pour chacune la légende d'origine en Anglais.

 

1/11/1918     o.3508
"View of Valenciennes."
Vue de valenciennes

 

a003467-v8

 

       Parmi les fumées s'élevant très probablement de zones bombardées on distingue très nettement la silhouette de la basilique Notre-Dame du St-Cordon, devant laquelle s'impose l'Hôtel-Dieu, alors Boulevard Saly. On reconnaît devant ce bâtiment la silhouette de l'immeuble qui fait le coin du Boulevard, avant que ne commence le Boulevard Beauneveu, bâti comme le précédent sur le tracé des anciennes fortifications.

 

alignement immeuble beauneveu

     Cet alignement permet de localiser le lieu de la prise de vue, dégagé, en surélévation, à deux pas de la position de Trench Mortars sur l'avenue de Denain (photo suivante) :

NDSC-HD

     L'avenue de Denain et ses alentours étant désormais bâtis, il n'est plus guère possible de prendre la même vue depuis la position du photographe :

aveDenain

 

    Le photographe a d'ailleurs fait une autre photo en plan plus large, montrant ainsi tout à gauche, dans la fumée des incendies et explosions, le campanile de l'Hotel de Ville :

3584 a003623-v8

     On pourrait rapprocher cette vue de celle du siège de Valenciennes en 1677 par les troupes de Louis XIV, peint par Van der Meulen :

siège
Ne cherchez pas de ressemblance entre les monuments, les ans (et la Révolution) sont passés par là.

 

     Une vue panoramique à partir d'images extraites d'un film tourné par les caméramen accompagnant l'avancée du bataillon :

panorama ville

 


1/11/1918  o.3501

"5th Div., Trench Mortar Brigade in action, within 500 yards of centre of Valenciennes." November, 1918
Il s'agit plus probablement de " 5th Canadian Divisional Trench Mortar Group " - ou B(attery) batterie et non brigade- mortiers de tranchée en action, à moins de 450m du centre de Valenciennes (sic).

 

a003380-v8

       Selon les témoins (ceux qui ont laissé des souvenirs, dont Gabriel Pierard), les mortiers étaient installés à l'entrée de l'Avenue de Denain près de l'actuel emplacement de l'école Dampierre, à quelques 1500m à vol d'oiseau de la Place d'Armes (voir photo précédente).
Moins de 500m de celle-ci situerait déjà la batterie sur les boulevards extérieurs (Beauneveu par exemple) et suppose avoir passé le Canal de l'Escaut  :

Le Journal de Marche et Opérations
- annoté "Trench Mortar Brigade (sic), 5th Canadian Divisional Artillery"-
dont l'état-major est à Denain depuis le 29/10 relate le 1/11 :

     Les 4 canons en position à [la] Sentinelle ont tiré 220 coups [durant] l'attaque de ce matin : un succès pour nos troupes qui ont traversé Valenciennes. Un mortier d'une des batteries "Y"  détruit mais pas de blessé. Bombardement de Denain avec des Obus à Haute Vélocité

     La localisation "La Sentinelle" à 1Km au sud-ouest de l'emplacement cité plus haut correspond à une situation toujours au-delà du canal de l'Escaut, sur une hauteur dominant Valenciennes, mais qui nous éloignerait d'autant du centre ville.


Il semble qu'un soldat Allemand qui s'est rendu traverse la cour :

soldat D

     Le mortier que le soldat se prépare à écouvillonner avant rechargement est un mortier Newton de 6 pouces, soit 152mm dont un tube hors d'usage est visible en arrière-plan. Il lance entre 100 et -au mieux- 1700m un obus hautement explosif de 24kg.

TM

Le soldat au premier plan regarde comme s'il voyait partir le projectile, (ce qui n'est pas impossible).

Fiche Technique du mortier de tranchée, dont on peut voir -entre autres- un exemplaire à Lisbonne

 


 1/11/1918    o.3494

"The first Canadian patrol entering Valenciennes from the West"
La première patrouille canadienne entre dans Valenciennes par l'ouest

 

a003356-v8

 

     Un groupe de 5 hommes vient de passer une barricade de chevaux de frise dans une rue portant les stigmates des combats. Il semble que le photographe les ait saisis au moment où - face à des tirs de l'ennemi ? - ils  vont rompre la formation.

    On distingue au fond la silhouette du moulin Gillard, situé au delà du pont sur le canal de l'Escaut, les soldats descendent donc l'avenue Faidherbe, en venant de la pyramide Dampierre et au-delà par l'avenue Désandrouins.

Ave Faidherbe

 

     Le photographe s'est placé un peu avant le carrefour de l'avenue et des rues du Général Despinoy à gauche et Désiré Gernez à droite. (lien vers la localisation du carrefour)

     Les maisons telles qu'elles apparaissent de nos jours :

aveFaidherbe

   La route fait un coude à gauche avant le pont, ce qui met le bâtiment du moulin, situé à droite de la route, dans l'axe de l'avenue, le carrefour est dans le cercle bleu en bas de la carte ci-dessous :

desandrouins

 

 


 1/11/1918    0.3506

"Canadians dashing into Valenciennes under heavy gun fire"
Canadiens s'élançant dans Valenciennes sous un feu nourri.

a003466-v8

     On distingue en arrière-plan 5 hommes qui approchent en courant et que l'officier placé à droite surveille ; le photographe est légèrement décalé par rapport à la photo suivante, mais le lieu est le même,  juste après la traversée du canal de l'Escaut au niveau du moulin Gillard avant de pénétrer dans le faubourg de Paris.

 (au bas de la ligne bleue sur la carte ci-dessus)


 1/11/1918              o.3504
"The first Canadian platoon to enter Valenciennes from the west, advancing towards the Canal."
La première escouade Canadienne à entrer dans Valenciennes par l'ouest avance vers le canal.

a003377

Nous assistons aux premiers pas après le franchissement du pont sur le Canal de l'Escaut à l'écluse Notre-Dame, le photographe est sensiblement ici :

 pont Fbg de Paris

    
     La photo suivante, bien datée, faite sous un angle identique, le photographe s'étant baissé, est légendée : un Canadien blessé lors de la traversée des restes de l'écluse du Canal de l'Escaut reçoit les premiers soins.
"A Canadian wounded while crossing the remains of the lock in the Canal de l'Escaut, being attended to by First Aid men". 1 November, 1918

a003443-v8

 


 1/11/1918     o.3505

"Canadians going into Valenciennes over improvised bridge"
Canadiens entrant à Valenciennes sur un pont improvisé

a003376-v8

 

              Cette passerelle improvisée leur permet de franchir l'écluse du moulin, dont on distingue un bief juste à droite, et un peu plus loin, la grille filtrant les eaux qui a bien du mal à retenir les débris. Ce franchissement fait suite à celui de l'écluse Notre-Dame sur le Canal de l'Escaut, le moulin Gillard étant situé sur le "vieil Escaut", ancien lit du fleuve avant qu'il ne soit canalisé.  Est-ce le même groupe de 5 hommes que suit toujours le photographe ?

 


 1/11/1918             o.3500

"The first German prisoner crossing the Canal de l'Escaut Valenciennes."
Le premier Allemand prisonnier traversant le Canal de l'Escaut à Valenciennes

 

a003383-v8

     Un bien jeune prisonnier qui n'est pas très à l'aise sur la passerelle improvisée de l'écluse du Moulin, que les soldats Canadiens franchissaient plus allègrement sur la photo précédente.

 


 

1/11/1918    o.3497

 "A Canadian post in Valenciennes."
Une position canadienne à Valenciennes

 

a003355-v8

   C'est une vue partielle des ruines du Moulin Gillard. On distingue un clocher derrière le soldat, c'est celui de l'église Notre-Dame du Sacré-Coeur du Faubourg de Paris, bien abîmée par les bombardements. Sa reconstruction se termine en 1922, elle sera démolie définitivement en 1980 pour des raisons de sécurité.

egliseFbg

Ces photos, très connues, montrent les dégâts de la libération :

Valenciennes

 

EgliseFbgParis
Sur le mur de la maison dont le pignon a résisté, tout à gauche au premier étage
un point noir : un boulet du siège de 1793 enchassé comme souvenir
.

boulet

 


 1/11/1918     o.3530

"One of the many fires started by the enemy before the Canadians drove him from Valenciennes."
Un des nombreux incendies allumés par l'ennemi avant que les Canadiens ne le chassent de Valenciennes.

 

a003442-v8

 

Si la localisation n'est pas précisée, les photos suivantes donnent la solution :

On aperçoit à gauche un militaire qui semble courir avec un papier en main : peut-être un agent de liaison.

coureur

 


 1/11/1918     o.3533

"One of the many fires started by the enemy before the Canadians drove him from Valenciennes."
Un des nombreux incendies allumés par l'ennemi avant que les Canadiens ne le chassent de Valenciennes.

 

a003410-v8

          Le photographe s'est reculé un peu, dégageant la vue sur le bâtiment du moulin Gillard dont on apercevait la pointe de la verrière sortir de l'ombre sur la gauche de la photo o.3530, et le format s'approche ici du paysage et non plus du portrait.

 


 1/11/1918     o.3531

"One of the many fires started by the enemy before the Canadians drove him from Valenciennes."
Un des nombreux incendies allumés par l'ennemi avant que les Canadiens ne le chassent de Valenciennes.

a003412-v8

     Cette photo complète les précédentes, que l'on peut relier grâce aux pignons du bâtiment incendié au centre. A gauche ce qui ressemble à un silo à grain situe le lieu le long de l'escaut, c'est le Moulin Gillard, qui sera détruit (et incendié) lors des assauts ; la rue du Faubourg de Paris passe sous la passerelle couverte :

Valenciennes

         C'est la partie droite (claire) du bâtiment dont on voit le pignon sur la photo canadienne, prise donc d'une certaine distance, probablement dans le quartier dénommé "Petit Bruxelles", sur la rive droite de l'Escaut, le canal et le Vieil Escaut sur lequel se trouve l'écluse du moulin se côtoyant. La maison qui brûle est au début de ce quartier en venant du moulin, mais la zone est maintenant portuaire et a subi de profondes modifications.

ptBxl

 

        Noter l'officier qui s'abrite au premier plan : il semble porteur d'une chambre photo : serait-ce l'auteur qui est sur l'une de ses prises de vue, l'appareil -sur pied- déclenchant avec retard  ?

officier photo

dans l'axe un bâtiment blanc aux toits multiples, que l'on retrouve sur cette reconnaissance aérienne de 1918 :

Fbg Paris

 


1/11/1918     o.3532

"One of the many fires started by the enemy before the Canadians drove him from Valenciennes."
Un des nombreux incendies allumés par l'ennemi avant que les Canadiens ne le chassent de Valenciennes.

a003411-v8

Une nouvelle fois, il s'agit du Moulin Gillard, dont on reconnaît la passerelle couverte qui relie les bâtiments de chaque coté de la rue :

passerelle

 

   Ayant pris position sur la rive droite de l'Escaut, il leur reste à rejoindre le centre ville tel que décrit au début de cette page pour la journée du 2 Novembre 1918.

nov1&2

 


 

/11/1918      0.3507
"Canadian Patrol crossing the railway in Valenciennes under heavy machine gun fire".
Patrouille Canadienne traversant la voie ferrée à Valenciennes sous un feu nourri de mitrailleuses.

 

a003576-v8

A droite un panneau -non bilingue- rédigé en allemand :

panneau_ferroviaire Halt !
Wenn die Schranke geschlossen ist oder sich ein Zug nähert. Eigenmächtiges Öffnen der Schranken ist verboten.
Stop !
Quand la barrière est fermée
ou si un train approche.
L'ouverture non autorisée
des barrières est interdite.

    On distingue derrière celui-ci une réclame pour l'Estaminet BOSSUT, "Jeu de billard". L'établissement se situait après guerre au 2 Avenue Désandrouins.  Les soldats Canadiens viennent de traverser au niveau de la halte du Faubourg de Paris,  Ils emprunt la "Rue du chemin des planches", nous sommes le 2 novembre 1918 au matin, la journée de libération du centre de Valenciennes commence.

     Vues du passage à niveau avant et après la guerre. Celui-ci a disparu, au profit d'un passage supérieur près de la nouvelle gare du faubourg, maintenant désaffectée, et de la modification du tracé de la rue dans sa partie basse.

     Les premières maisons après le passage, donc celle en partie détruite, ont disparu après guerre : plan d'urbanisation oblige.

 

halte FbgPa

PN FbgParis 1918

 


 

/11/1918     o.3495

"A Russian Pole made to fight by the Germans walking into the Canadian Lines."
Un Polonais de Russie enrôlé par les Allemands se rend vers les lignes Canadiennes.

 

3495 a003381-v8

     De nombreux sujets Russes dont des Polonais annexés avaient été capturés par les Allemands et envoyés sur le front de l'Ouest.  Le traitement réservés à ces prisonniers venus de l'Est, quelque soit leur nationalité était inhumain, il n'est donc pas étonnant de retrouver des Russes enrôlés dans l'armée pour ne pas mourir de faim. Celui-ci a dû croiser la patrouille qui vient de partir et se dirige tranquillement vers les lignes Canadiennes. Il porte son équipement au complet, moins les armes .

 

         Le photographe dont on aperçoit l'ombre en bas à droite, preuve qu'il a fait vite, s'est retourné pour le voir aborder la sentinelle dont la baïonnette fixée au canon du fusil est visible. Restés sur les positions que la patrouille vient de quitter, les soldats l'acueillent avec plus de curiosité que d'hostilité..

 

a003378-v8

 


          Le 3 novembre la progression derrière l'ennemi se poursuit, le bataillon prend position 800 yards au sud de la route vers Mons (ligne bleue), alors que le Commandement s'installe à "White Chateau" (château blanc) parfaitement localisé le long de la Nationale menant à Onnaing, coté droit un peu avant cette localité (cercle bleu).

 

White_Chateau

Vue du sud, la position occupée par le bataillon, White Chateau est dans le bosquet à gauche :

positions1103

Le château est désormais une ferme, gardant l'allure qu'il avait en 1918 : (photos de l'auteur, juillet 2014)

WChateau01

WChateau02

 

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WCheminées