La 23e batterie d'artillerie de campagne canadienne (23rd battery, Canadian Field Artillery) compose avec les 17e, 18e, et 20e batteries la 5e Brigade canadienne d'artillerie (5th Canadian Field Artillery Brigade), formée à Winnipeg au Canada en Janvier 1915 ; la spécificité de la 23e est d'être une batterie d'obusiers de tranchées de 105mm (4.5 inches howitzers). La brigade forme - de 1916 à 1918 - avec la 6e brigade (15e, 16e, 25e et 22e Batteries) l'artillerie divisionnaire de la 2e Division Canadienne.

 How 

 

les 3 autres batteries sont dotées de canons de 18pdr. (84mm)

18pdr

     La 5e brigade embarque à Halifax le 10 août 1915 à bord du R.M.S. "METAGAMA" et débarque à Plymouth le 18, d'où elle rejoint Otterpool camp, 12 km à l'ouest de Folkestone, qui n'a de camp militaire que le nom, tant les aménagements sont inadaptés.

Metagama

Après 5 mois de formation militaire, la brigade rejoint Le Havre depuis Southampton le 19 janvier 1916.

La 23e Batterie atteindra le Rhin à Bonn le (vendredi) 13 décembre 1918 après un parcours émaillé de "Battles of honour" :

CAESTRE, ST.ELOI, YPRES, THE SOMME, VIMY, HILL 70, CINNIBAR TRENCH, PASSCHENDAELE, ARRAS, AMIENS,
CAMBRAI, VALENCIENNES et MONS.

pp30-31cliquer pour accéder au livre sur archive.org

     La batterie (dont nous n'avons malheureusement pas le journal de guerre), venant de Bourlon épaule les attaquants britanniques dans la prise de Cambrai, sa mobilité lui permettant d'agir rapidement là où c'est nécessaire. La bataille sépare canonniers qui sont déjà à Ramillies et les conducteurs, restés à Sailly.

     Participant à la capture de Thun-St-Martin puis d'Iwuy, elle remonte vers Hordain en traversant le Riot de Calvigny sur le pont du chemin de fer, la route étant barrée d'arbres abattus :

Riot Calvigny

    Mais le manque de succès de l'opération à laquelle ils participent ramène les artilleurs à Iwuy, puis à Wavrechain-sous-Faulx (et non au-bac, à moins que ce ne soit le village voisin de Wasnes-au-bac) "une autre division ayant pris le relais ne nous laissait plus de place sur le front" dit l'auteur comme à regret ; probablement se rendaient-ils déjà compte de la proximité du dénouement qu'ils ne voulaient pas rater.

    La batterie est le 28 octobre à la Pyramide-de-Denain, carrefour orné d'une sorte d'obélisque (sans pyramidion) aussi appelé pyramide d'Haulchin, commémorant la bataille de Denain le 24 juillet 1712 où les armées françaises commandées par le maréchal de Villars furent victorieuses des Austro-Hollandais du Prince Eugène ; l'original ayant été détruit en 1793 par les ... Autrichiens, le monument -toujours debout- fut reconstruit en 1823. Les artilleurs de 1918 y furent rapidement et copieusement bombardés par les Allemands dès leur arrivée.

pyramide

   Trois jours plus tard, leurs canons participent depuis Maing au tir de barrage décisif organisé par le général A.L. McNaughton pour la libération de Valenciennes, qui permettra à l'infanterie de prendre le Mont Houy d'assaut :

Bmap1

puis probablement à celui en direction de la ligne Marly-Saultain-Préseau :

Bmap2

 

La batterie peut alors s'avancer jusque Trith St-Léger où les hommes s'abritent dans la fonderie, puis contourner Valenciennes par l'est via Estreux, Rombies et Quiévrechain pour prendre la direction de Mons :

BourlonMons

    Laes artilleurs mettait en place un bombardement préparatoire à une attaque dans la matinée du 11 novembre, lorsqu'elle reçut à 7h55 le message : "Les Hostilités cessent à 11 heures aujourd'hui, - ne tirez plus", (pour éviter que nous n'adressions un dernier message amical à l'ennemi - ajoute le rédacteur).  Elle se déplace ensuite vers Havré où le matériel est également arrivé.

"Nous avons célébré ici d'une façon beaucoup plus calme que nous ne l'avions imaginé le jour qu'avait si anxieusement attendu le monde durant 4 longues années"


Une grande marche (25 jours) les amènera de Havré au Rhin après une semaine de repos. De retour en Belgique en mars 1919, ce n'est qu'en avril qu'ils regagneront Le Havre pour rentrer au pays.