La Victoria Cross, (Croix de Victoria), la plus haute distinction accordée aux soldats de l'Empire Britannique a été attribuée 70 fois à un soldat Canadien entre le 23 Avril 1915 et le 1er Novembre 1918, dont 35 pour la seule année 1918 et 30 pour la période des derniers 100 jours, ce qui nous donne idée de l'ardeur des combats de cette dernière période.

        La dernière attribution a été à titre posthume au Sergent Hugh CAIRNS, du 46e Bataillon (10e Brigade, 4e Division du Corps expéditionnaire Canadien) : en voici la citation parue dans la London Gazette.

 

LG VC

 

No. 472168 Serjt. Hugh Cairns, D.C.M.,  late 46th Bn.,
Saskatchewan R.

  Sergent Hugh Cairns,
du 46e Bataillon, Mle 472168,
Régiment du Saskatchewan, 
Médaille de Conduite Distinguée.
   For most conspicuous bravery before Valenciennes on 1st November, 1918, when a machine gun opened on his platoon. Without a moment's hesitation Serjt. Cairns seized a Lewis gun and single handed, in the face of direct fire, rushed the post, killed the crew of five, and captured the gun.
 
 
   Later, when the line was held up by machine-gun fire, he again rushed forward, killing 12 enemy and capturing 18 and two guns. Subsequently, when the advance was held up by machine guns and field guns, although wounded, he led a small party to outflank them, killing many, forcing about 50 to surrender, and capturing all the guns.
 
 
 
   After consolidation he went with a battle patrol to exploit Marly and forced 60 enemy to surrender. Whilst disarming this party he was severely wounded. Nevertheless, he opened fire and inflicted heavy losses. Finally he was rushed by about 20 enemy and collapsed from weakness and loss of blood.
 
   Throughout the operation he showed the highest degree of valour, and his leadership greatly contributed to the success of the attack. He died on the 2nd November from wounds.
 
LG #31155 (Jan. 31st,1919)
 
   Pour sa bravoure exceptionnelle devant Valenciennes, le 1er Novembre 1918, quand une mitrailleuse a ouvert le feu sur son peloton. Sans aucune hésitation le Sergent Cairns a saisi une mitrailleuse Lewis et seul, face à des tirs directs, s'est précipité le poste ennemi, a tué les 5 hommes du détachement, et a capturé la mitrailleuse.
   Plus tard, quand nos troupes ont été contenues par le feu d'autres mitrailleuses, il s'élança de nouveau, tuant 12 ennemis, en capturant 18 et deux mitrailleuses. Par la suite, lorsque l'avance a été arrêtée par le feu de mitrailleuses et de canons de campagne, bien que blessé, il a emmené un petit détachement pour déborder l'ennemi, tuant de nombreux soldats, forçant environ 50 à se rendre, et capturant tous les canons.
   Une fois la position consolidée, il est allé avec une patrouille jusqu'à Marly où il a forcé 60 ennemis à se rendre. Lors de cette opération, il a été grièvement blessé. Néanmoins, il a ouvert le feu et infligé de lourdes pertes à l'ennemi. Finalement attaqué par 20 assaillants il s'est effondré de faiblesse due à la perte de son sang.
   Tout au long de l'opération, il a montré la plus grande bravoure, et son esprit d'initiative a grande- ment contribué à la réussite de l'attaque. Il est décédé de ses blessures le 2 Novembre.

London Gazette n°31155 du 31 Janvier 1919.

 

Cette même citation qui apparait dans les documents relatifs au Sergent CAIRNS, au verso de sa Medal Card :

cairns-2

cairns-1

Au recto figure la citation pour la Distinguished Conduct Medal (D.C.M.) attribuée le 17 Juillet 1917 par le Général Currie, et parue dans la London Gazette n°30251 du 25 Aout 1917, alors qu'il était encore simple soldat :

Extrait du War Diary du 46e Bataillon :

DCM extrait WD

Extrait de la London Gazette :

LG DCM

 

472168 Pte. H. Cairns, Infy.

  Soldat H. Cairns, Mle 472168,
Infanterie
   For conspicuous gallantry and devotion to duty in leading a party forward at a critical moment and supplying covering fire to the flank of an attacking battalion. With great initiative he recovered two guns which had been left behind, and posted them, repelling three enemy attacks, and successfully covering our subsequent withdrawal.
Though wounded, he held on until all his ammunition was expended, when he made his way back to our line, having done invaluable service, and set a very fine example.
 
(LG #30251, August 24th, 1917)
 
 
   Pour sa bravoure et son dévouement à la tête d'un détachement qui s'est porté en avant à un moment critique, assurant un tir de couverture sur le flanc d'un bataillon  lors d'une attaque. Avec une grande initiative il a récupéré deux mitrailleuses qui avaient été laissées en arrière et les a mises en action, repoussant trois attaques ennemies, et couvrant avec succès la retraite qui suivit.
Bien que blessé, il a tenu jusqu'à ce que toutes ses munitions aient été épuisées, puis il est revenu vers nos lignes, après avoir rendu un inestimable service, montrant un très bel exemple.
 
(London Gazette n° 30251 du 24 Aout 1917)
 

 

     Le Musée Canadien de la Guerre possède l'ensemble de ses médailles (medal set) après qu'elles aient été détenues dans la famille du sergent, puis remises aux archives du 46e bataillon qui les y a transmises.

  • Sa Croix de la reine Victoria, authentifiée par la date du 2 novembre 1918 gravée sur le revers de la médaille :

VC R°   VC V°

 

  • Les autres médailles : on reconnaît de gauche à droite :

cwm Medal set

Victoria Cross, Distinguished Conduct Medal,
British War Medal, Victory Medal et Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur.

  •      Aux cotés des deux médailles précédemment décrites, figurent les deux médailles britanniques conjointement accordées à tout soldat ayant servi durant la Grande Guerre : la BWM, à l'effigie du Roi George V comme la DCM, fut accordée à partir de 1919 et est donc posthume, tout comme la VM, ici dans sa version britannique, puisque si le ruban est commun à toutes les nations alliées, chacune a émis une médaille différente sur le thème constant de la victoire ailée. (Le revers de la médaille de la victoire - ou médaille interalliée - créée en 1922 porte la mention "The Great war for civilization 1914-1919").
  •      La Légion d'Honneur semble avoir été attribuée à titre posthume par le gouvernement français, sans que la base Léonore en fasse mention.

 

     La citation pour la Victoria Cross situe parfaitement l'action lors de la prise de Valenciennes et à Marly pour la seconde partie, c'est par contre moins clair en ce qui concerne la DCM attribuée le 24 Août 1917. Le dossier personnel du Sergent Cairns précise qu'il a été blessé le 3 juin 1917, ce qui ne situe pas l'action à Vimy-même comme on le voit parfois écrit,  mais 2 mois plus tard, non loin de là malgré tout, dans les durs combats menés autour de La Coulotte, dans leur difficile progression de Vimy à Lens face à un adversaire toujours aussi déterminé.

 

Le journal de marche du 46e Bataillon nous déroule l'action du 3 juin 1917.

 

3/6-17 11p.m.
At midnight 2/3rd June the 44th and 50th Battalions attacked as specified in 10th Can.inf.Bde. O.O.64, (appendix No.1.) and Battalion O.O.70, (appendix 2). In conjunction with this attack one platoon of "D" Company under Lieut.REID seized an enemy cement Machine Gun Emplacement at M.30.d.20.35, and established a block at M30.d.30.30. Objective was gained with only two casualties. Twenty five prisoners were captured, but two of these were killed when being taken out. Attached is C.O.'s report on this attack (appendix 3.)
Late in the afternoon and during the night the 44th an 50th Battalions withdrew from the positions captured. The platoon of this battalion under Lieut.REID also withdrew. The block placed at this point was withdrawn due to repeated counter attacks by the enemy, and to the supply of bombs becoming expended. It was found that the block had been located in the darkness on ground without a proper field of fire and could be defended only by use of bombs. The withdrawal of the 50th Battalion exposed the garrison exposed the garrison of this block to attack from several directions. The time of withdrawal was 7 p.m. "C" Company suffered severe casualties owing to the concentrated shelling by the enemy in his endeavour to recover lost ground. The total losses of the party which took the Machine Gun emplacement were 4 killed and 10 wounded. On evacuation all wounded were sent back first and one Lewis Gun was carried back, the other having been destroyed by a bomb. In this connection. Cpl. E.Brownridge performed excellent services for which he has been recommended for the Military Medal.
e001112417

3 Juin 1917 23h

A 0h dans la nuit du 2 au 3 Juin les 44e et 50e bataillons ont attaqué comme spécifié dans les ordres de la 10ème Brigade d'Infanterie Canadienne (ordre n°64 : annexe n°1) et du bataillon (ordre n°70 : annexe 2). Conjointement à cette attaque un peloton de la compagnie «D» du Lieutenant REID a capturé un emplacement bétonné de mitrailleuse ennemie en M.30.d.20.35, et mis en place une défense en M.30.d.30.30. L'objectif a été conquis avec seulement deux victimes. Vingt-cinq prisonniers ont été capturés, mais deux d'entre eux ont été tués lorsqu'ils ont commencé à courir. Ci-joint le rapport de l'officier sur cette attaque (annexe 3).
 
Tard dans l'après-midi et durant la nuit les 44e et 50e Bataillons se sont retirés des positions capturées. Le peloton du bataillon sous les ordres du Lt. REID a été également retiré. La formation de défense placée à ce point a été ramenée en raison des contre-attaques répétées de l'ennemi, les réserves en grenades étant épuisés. Il a été montré que la formation avait été placée dans l'obscurité sur un terrain sans un angle de tir dégagé et ne pouvait être défendue qu'à la grenade. Le retrait du 50e Bataillon a exposé la garnison du poste à des attaques venant de plusieurs directions. L'heure du retrait était 19:00. La compagnie «C» a subi de lourdes pertes en raison du bombardement concentré par l'ennemi dans sa tentative de récupérer le terrain perdu. Les pertes totales du groupement qui a pris l'emplacement de mitrailleuse étaient de 4 tués et 10 blessés. Lors de l'évacuation tous les blessés ont été renvoyés en premier et une mitrailleuse Lewis a été ramenée, l'autre ayant été détruite par une grenade. A cet égard le Caporal E.Brownridge a rendu d'excellents services pour lesquels il a été recommandé pour la Médaille Militaire.

 (Le caporal Ernest Brownridge Mle 157503, recevra effectivement la MM, son nom figure dans la London Gazette n°30234 du 14 Aout 1917)

idx    Les 44e et 50e Bataillons composent la 10e Brigade avec le 46e et le 47e, ainsi que que la 10° compagnie de mitrailleuses (CMGC) et la 10°  batterie de mortiers de tranchée (TMB)

     Parmi les annexes se trouve un carte, plus exactement un partie de la carte 36c, recopiée pour être emportée. On peut superposer cette carte à l'original, pour situer précisément l'emplacement de la mitrailleuse (rond vert) et celui où se sont installés les Canadiens (rond orange), au sud de la rivière la Souchez en 30.d.

LaCoulotteWD  36dM30d 

 

Les ordres de la Brigade sont clairs, notamment en ce qui concerne les 2 compagnies du 46° mises à disposition du 50° :

 

Juin 1917          Appendice N°1.
SECRET                                                    Copie N ° 3
 
10e BRIGADE D'INFANTERIE CANADIENNE ORDRE NO. 64.
 
1.     Dans la nuit du 2 au 3 Juin la 10e Brigade d'Infanterie Canadienne attaquera LA COULOTTE, LA BRASSERIE (N.31 central), la STATION CENTRALE DE PRODUCTION D'ELECTRICITE (M.36.b) ainsi que les tranchées ennemies à proximité. 36cM36N31
 
2.     L'attaque sera menée par le 44e Bataillon sur la droite et le 50e Bataillon sur la gauche.
     Les 46e et 47e bataillons vont tenir la ligne comme actuellement.
 
3.     La zone à capturer est comme elle apparaît sur la carte ci-jointe et est divisé en deux sous-zones. Toutes les tâches de la sous-région de droite sont affectées au 44e Bataillon. Toutes les tâches de la sous-région de gauche sont affectées au 50e Bataillon.
      Ces bataillons maintiendront le contact entre eux et avec tous les acteurs concernés tout au long de l'opération.
 
4.    46e Bataillon. 2 compagnies seront retirées du front pour une position de renfort 3 heures avant ZERO dans la nuit de l'opération pour faire place au rassemblement du 50e Bataillon. Ces compagnies seront sous les ordres de l'officier commandant le 50e Bataillon pour le transport et l'appui après l'opération. Elles ne devront, en aucun cas, être utilisées lors de l'attaque.

 

Les ordres du Bataillon reprennent ceux de la Brigade en précisant les rôles des 4 compagnies, une fois de plus il est spécifié que les 2 compagnies mises à disposition ne participent pas à l'attaque.

 

SECRET Appendice n°2
46e Bataillon d'Infanterie Canadienne
ORDRE D'OPÉRATION No.70
 
Carte de référence : France, Feuille 36c.SW 1/20.000.
 
1. Informations.
Dans la nuit du 2 au 3 Juin la 10e Brigade d'Infanterie Canadienne va attaquer LA COULOTTE (N.31 central), la STATION CENTRALE DE PRODUCTION D'ELECTRICITE (M.36.b) et les tranchées ennemies à proximité. L'attaque sera menée par le 44e Bataillon à droite et le 50e Bataillon sur la gauche. Les 46e et 47e bataillons tiendront l'actuelle ligne de front.
 
2. Les compagnies "B" et "D" du 46e Bataillon seront retirés du front pour une position d'appui indiquée par l'officier commandant le 50e Bataillon, trois heures avant ZERO la nuit de l'opération.
Le front tenu par la compagnie "B" sera pris en charge par la Cie "A" du 46e. Le front tenu par la compagnie "D" sera pris en charge par la compagnie "C" du 50e bataillon, le 46e bataillon assisté par les fusils-mitrailleurs de la compagnie "D" tiendra sa présente ligne de front.
La compagnie "A du 46e Bataillon, assisté par les fusils-mitrailleurs de la compagnie "B" tiendra sa présente ligne de front, de même que ceux de la compagnie "B" sauf aux endroits prévus pour le rassemblement du 44e bataillon.
 
3. En retrait pour soutien, les compagnies "B" et "D" du 46e bataillon viendront sous les ordres de l'officier commandant le 50e Bataillon pour la réalisation et la consolidation après l'attaque, elles ne pourront en aucun cas être employées lors de l'attaque.
 
4. Les officiers commandant les compagnies "A" et "C" du 46e bataillon vont faire tous les préparatifs pour aider à l'attaque. Leurs compagnies seront prêtes à aller de l'avant dès la réception des ordres du Q.G. du bataillon.
Chaque homme transportera 4 grenades Mills. Chaque Grenadier emportera 10 grenades à fusil. Pelles et des pioches seront distribuées en proportion de 4 pelles pour une pioche. Les bouteilles d'eau seront remplies.
 
5. Un officier de signalisation se chargera des communication si les compagnies "A" et "C" progressent. ZERO sera 12h de minuit du 2 au 3 juin. S'il y a une modification ce sera signalé. Les compagnies "A" et "C" devront être prêtes à ZERO.
 
Le Lieutenant-Colonel
Commandant le 46e Bataillon d'Infanterie Canadienne.
Distribué à 19h00 le 1er juin par courrier.
 

 idx  Les ordres du Lieutenant-Colonel DAWSON prévoient également qu'une section de la compagnie "D" avec un fusil-mitrailleur, sous les ordres du lieutenant REID, occupera l'emplacement bétonné de mitrailleuse situé à M.30.d.20.35. (voir ci-dessus) et établira un point de blocage de la tranchée ennemie conduisant vers le nord depuis ce point, et un poste de défense dans "CALLOUS TRENCH" près de l'endroit où elle croise le remblai [de chemin de fer] M.30.d.30.40. Un sapeur accompagnera le lieutenant REID pour faire sauter l'emplacement de mitrailleuse si c'est ordonné.

 Un barrage d'artillerie pilonnera l'objectif de ZERO à ZERO et 4 minutes

 

Enfin, la 3° annexe livre le compte-rendu du Lt-Colonel Dawson :

 

Appendice n°3                                           3 Juin 1917
 
De: Officier Commandant le 46e Bataillon d'Infanterie Canadienne.
Pour: Officier General Commandant la 10e Brigade d'Infanterie Canadienne.
 
Je vous prie de trouver ci-après le rapport sur la petite opération de la nuit du 2 au 3 juin.
 
1. Objectif - Se saisir d'un emplacement bétonné de mitrailleuses situé dans un passage sous la voie de chemin de fer à M.30.d.20.30, bloquer les tranchées ennemies allant au nord depuis ce point et placer un obstacle dans CALLOUS TRENCH à M.30.d.30.30.
 
2. Composition de la formation d'attaque - Un peloton de la compagnie "D" du 46e Bataillon sous les ordres du Lieutenant REID avec 1 sapeur du 10e Génie Canadien et 2 fusils mitrailleurs - l'avance pourra être épaulée par le feu des F.M. depuis le poste vers le remblai de chemin de fer.
 
3. Progression - Le barrage débute à minuit pile accompagné par deux émissions de gaz visant ELEU-DIT-LEAUWETTE. À zéro plus quatre minutes le barrage est levé et la formation d'attaque avance depuis l'embranchement de chemin de fer en M.36.a.85.85. La formation a été répartie en bombardiers, fusiliers, grenadiers à fusil, et section de F.M. La route suivie était au long du remblai de chemin de fer et au Nord des usines à gaz. Quelques mitrailleuse ennemies et un mortier de tranchée ont rapidement ouvert le feu sur ces points, mais le calme de la formation lui a permis d'atteindre son objectif avec seulement deux victimes - 2 tués.
L'excavation ou emplacement a été trouvé entièrement occupé par l'ennemi. Il a été grenadé et dès que l'entrée a été atteinte les occupants se sont rendus. Vingt-quatre prisonniers ont été faits dont deux ont été tués. Les obstacles ont été immédiatement placés dans les deux tranchées de communication conduisant vers le nord à M.30.d.20.35 et M.30.d.2.3 avec grenadiers surplombant la route.
Les officiers mitrailleur et éclaireur ont été envoyés au P.C. afin de rendre compte de la situation et leur rapport concernant de violents tirs de mitrailleuses balayant toutes les approches de CALLOUS TRENCH m'a fait prendre la décision de ne pas tenter de tenir un emplacement dans cette tranchée, d'autant qu'aucun avantage particulier serait ainsi acquis.
Les représailles de l'ennemi étaient très fortes de la part de son artillerie et des mortiers de tranchées à proximité du remblai de chemin de fer en M.36.a. Ces représailles ont commencé dans les sept minutes et ont été très sévères jusqu'à environ 3 heures. Les mitrailleuses ennemies ont été actives depuis FOSSE 3 et un terril en M.30.c. L'ennemi s'est avancé deux fois contre l'obstacle mais n'a fait aucune tentative sérieuse.
 
Prisonniers : 24. 2 par la suite tués, 3 blessés, du 88e Régiment Prussien.
Obstacle - situé avec une bonne maîtrise des approches venant du Nord et surplomb de la chaussée. L'emplacement de mitrailleuse est grand avec trois pièces et commande la route du Nord et du Sud. Deux entrées.
Barbelé - barricade de barbelés, c'est un obstacle mais passer à travers reste possible.
Fournitures - nos gens de la barricade ont été approvisionnés par la formation de transport avec abondance en nourriture, eau, munitions pour armes légères, bombes, grenades à fusil, périscope, fusées de secours, chargeurs de F.M.
Communication - La communication téléphonique a été établie vers 14:00. Une tranchée devrait être creusée ce soir pour connecter l'ancienne ligne de front au P.C. Le câblage n'est pas terminé. Ce sera fait ce soir.
 
(signé) H.J. DAWSON. Lieutenant-Colonel, 46e Bataillon.

idx DAWSON Herbert John, CMG, DSO & Bar. 
Né le 21 Novembre 1876 à Birkenhead  (Angleterre) - Décédé le 18 Septembre 1926 à Montréal (Canada)

   

    On trouvera sur l'extrait de carte ci-dessous les lieux évoquées : Fosse 3 et Eleu-dit-Lauwette, ainsi que les positions cerclées de bleu. Vert : le point de départ, jaune : "Callous trench" dont le nom apparait un peu plus au sud, et bleu : la position des obstacles. La brasserie (brewery) est en bas à droite, et la station électrique au-dessus du grand "M".

44aSW1lieux

 

  •     Le Lieutenant-Colonel Dawson signale un sapeur venant du 10° Bataillon du Génie Canadien :  Il s'agit du sapeur WRIGHT. D'après le war diary de son unité, il a montré au détachement du 46e Bataillon -qui comptait tenir la position- comment se servir des charges portatives, puis il a été renvoyé dans son bataillon.

  •     Le Lieutenant REID apparait sans prénom ni initiale; il s'agit du Lieutenant Harold Albert REID, né à Guelph, Ontario, le 3 juin 1893. Celui-ci obtiendra, devenu capitaine, la Military Cross dont la citation parait dans la London Gazette n°31043 du 29/11/1918, pour une action menée le 10/08/1918, lors des premiers des 100 derniers jours, vers le village de Maucourt :
Maucourt

REID citation MC

         Capitaine Harold Albert Reid, 46e Bataillon Canadien,
Régiment du Saskatchewan.
    Pour sa bravoure et son initiative lors d'une attaque. Lorsque la première ligne de sa compagnie a été arrêtée par un intense tir de mitrailleuses, il a couru vers l'avant et a les a emmené. Il a dirigé le tank de tête sur le point de résistance ennemie, et plus généralement a conduit le nettoyage de la position jusqu'à ce qu'il soit blessé à la jambe par balles de mitrailleuse.
    A fait preuve de courage affirmé et d'un habile sens du commandement.

Harold Albert REID décède en Ontario en 1957.

 
  • 2 soldats du 46e ont été tués, leurs noms n'étant pas cités, on peut se référer aux victimes de cette unité le 3/06/1917 répertoriées sur le site du CWGC, elles sont au nombre de 10 :

 

Nom Mle
ARMSTRONG FE 437762
CHAMBERS JH 291545
CONOLLY GJB 487487
GREENWOOD A 472809
HALLIDAY J 887412
JOHNSON J 886173
LANDMAN LG 888087
MCIVER NG 887432
MCKILLOP P 781740
PETERS GI 910939

 

L'un est McIVER Norman George dont la fiche de décès porte la mention  :
"Killed in Action".
While on a raiding party consolidating a strong point on the night of the 3rd June 1917, he was instantly killed by an enemy "whiz-bang" shell.

Le second est très probablement CONOLLY George Joseph Benedict, de la compagnie "D"
"Killed in Action".
When going "over the top" to capture a machine gun emplacement, he was hit in the head by shrapnel and instantly killed.

 Tous sont inhumés au cimetière militaire de Villers Station, sauf CHAMBERS dont le corps n'a pas été retrouvé et dont le nom est inscrit sur le mémorial de Vimy.

 


 

 

     Revenons au soldat Hugh Cairns : dans leur livre sur le 46° Bataillon, surnommé le Bataillon Suicide eu égard aux fortes pertes de celui-ci (1.433 tués et 3.484 blessés soit un taux de perte  de 91,5 % selon les auteurs) : J.L. McWilliams & R.J. Steel décrivent l'acte qui lui vaudra sa première médaille:

     Au cours du retrait, le soldat Hugh Cairns fut une figure marquante. Il avait emmené son équipe de mitrailleurs Lewis à un moment critique pour fournir un tir de couverture pour un bataillon sur le flanc de la 46e. Il en a récupéré deux de de cette unité qu'il a posté en action. Bien qu'il ait été blessé à ce moment, il a continué un feu nourri. "Cairns a vu quelques-uns des Allemands qui sortaient de leur tranchée pour essayer de couper nos hommes de leur flanc», écrit Bill Musgrove, le Néo-Brunswickois. "Il a pointé son arme sur eux et les repousse. Ses deux assistants mitrailleurs étaient blessés. Il a attrapé deux hommes du bataillon en retraite pour les mettre au chargement des munitions. Tandis qu'il avait le dos tourné ces deux-là l'ont abandonné. Hughie était comme fou."

     "Le lendemain matin, Hughie Cairns décrit leur comportement à sa manière colorée à leur adjudant. En conséquence, Cairns a été recommandé pour une cour martiale, mais le colonel Dawson, après lui avoir donné une leçon sur le respect des supérieurs, l'a plutôt recommandé pour la Médaille de Conduite Distinguée.

 

      La renommée de Hugh CAIRNS commence : évacué pour sa blessure le 3 juin, il sera de retour dans son unité le 9.
Il obtient le chevron de Bonne Conduite le 4 Août 1917, qu'il portera, peut-être avec une bande verticale pour blessure,

GCB&WS
canadiansoldiers.com

jusqu'à ce qu'il soit nommé Lance/Corporal le 11/11/1917, puis promu Caporal le 1/7/1918, enfin Sergent le 15/8/1918.

 


 

 En attendant un endoit plus approprié, je dresse la liste des noms rencontrés

lors de la lecture du War Diary du 46e Battaillon46th W/D names(clic)

 


 

A suivre.........